14.10.2009

A PROPOS DU FORUM DE LA PROPRETE

Les habitants du 20ème ne sont pas propres, Madame la Maire l’a dit. Pour leur inculquer les bons gestes, un nouveau Forum de la Propreté  a été organisé les 12 et 13 juin 2009. Il a été suivi par des réunions dans les Conseils de quartier et une synthèse sera faite en octobre.

 

1 Les services municipaux ne sont pas à la hauteur des besoins.

 

Les habitants du 20ème paient des impôts à la municipalité dont l’un des premiers devoirs est le maintien de la propreté. D’après les informations fournies lors du Forum de la Propreté et des réunions qui l’ont suivi, le budget alloué au service du nettoyage, déjà calculé au plus juste, ne pourra pas être augmenté. Le service du nettoyage fonctionne à l’extrême limite  de ses moyens en hommes et en équipements. Dix postes d’éboueurs ne sont pas pourvus. Le matériel est remplacé à l’extrême limite de l’usure. La durée normale d’utilisation d’un camion benne collectant les ordures ménagères est de 6 ans. Elle vient d’être prolongée à 8 ans, avec les risques de pannes qui font qu’un jour  des rues sont « oubliées » lors du ramassage. Il est bon de dépolluer l’air, mais il est encore plus urgent de nettoyer les rues.

 

2 Ramassage des poubelles et nettoyage des rues.

 

La priorité est donnée au ramassage  des poubelles. Il est très mécanisé et à peu près correctement assuré. Mais, il ne suffit pas à assurer la propreté des rues.. Elles sont sales  à cause du comportement de leurs habitants et de certains entrepreneurs, mais surtout parce qu’elles ne sont pas correctement nettoyées. Dans ce domaine, le travail à la main est primordial, malgré tous les engins spécialisés que l’on peut utiliser. Les ramasseurs de poubelles du matin se transforment en balayeurs l’après- midi. Un balayeur est sensé balayer 2500 mètres carrés à l’heure, soit 41 mètres carrés à la minute . C’est beaucoup lui demander et il n’y arrivera pas.

 

3 Corbeilles à papiers et crottes de chiens.

 

Les corbeilles à papiers  collectées irrégulièrement se transforment très vite en dépôts sauvages d’ordures. Il en est de même  pour les conteneurs à verre qui débordent. Les passants jetant un papier au hasard ne jouent qu’un rôle minime  dans l’aspect de la rue. On ne peut pas en dire autant des propriétaires de chiens.

Sur les 80 inspecteurs de la propreté de Paris, 6 sont affectés au 20ème. En 2008, ils ont infligé 1390 procès- verbaux, soit moins de 4 par jour. Est-ce vraiment dissuasif pour 200000 habitants ?

 

4. Une désorganisation dont on ne peut  pas sortir.

 

Les responsables  des services du nettoyage travaillent au jour le jour en fonction des moyens dont ils disposent.. Aucune mission n’est attribuée d’une façon définitive et toute prévision est impossible.

4-1 Un personnel en nombre variable.

En général, la moitié des effectifs prévus est réellement présente sur le terrain, à cause d’un absentéisme important,mais  aussi parce qu’une partie des présents est mobilisée pour des missions dites ponctuelles en dehors de l’arrondissement : balayage des rues plusieuirs fois par jour dans les zones touristiques en été , remise en état d’un secteur qui a été parcouru par une manifestation, déblaiement de la neige en hiver… etc

4-2 Du matériel suremployé

Le matériel ne doit jamais resté inutilisé dans dundépôt. On le fait travailler en »flux tendu » en utilisant un « logiciel mathématique » pour savoir où l’envoyer. Il arrive ainsi que le balayage d’une rue soit effectué avant le ramassage des ordures. Les pannes des matériels anciens ne sont pas prévues et des missions ne peuvent être assurées.

4-3 La participation des entreprises privées au nettoyage

Des entreprises privées travaillent en sous-traitance pour combler les insuffisances des services municipaux. Elles assurent régulièrement un certain nombre de missions, avec des pointes en cas de besoin. Leur action s’entremêle avec celle des services municipaux et la confusion des responsabilités est totale.

 

5. Conclusion : les habitants du 20ème sont-ils coupables ?

 

Est-il bien judicieux de culpabiliser les habitants du 20ème , en les traitant comme des enfants mal élevés qui devront faire mieux la prochaine fois ? La Municipalité est loin de donner le bon exemple. Si les rues étaient mieux nettoyées, les habitants auraient un comportement moins désinvolte. Le budget alloué à la propreté est insuffisant et la Mairie de Paris refuse de l’augmenter en invoquant le prétexte de la crise. Elle n’avait cependant rien fait dans les années précédentes, quand la prospérité était là, notamment avec l’explosion des droits de mutation dans l’immobilier.

Il faut de l’argent en plus, des moyens humains et matériels en plus, mais aussi repenser l’organisation générale su service en visant l’efficacité, clarifier les relations entre privé et public. Comme dans toute entreprise, il faut que les responsables de niveau élevé aillent voir sur le terrain.

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