08.03.2007

Henri TROYAT nous a quittés

medium_Henri_Troyat.jpgC'est un véritable Monument de la littérature française qui vient de nous quitter.

Henri TROYAT, le doyen de l'Académie Française, vient de partir. Non pas vers les neiges de la Russie, son mystérieux pays natal, qu'il a tant contribué à faire connaître aux Français. Ni vers la terre de la campagne française qu'il savait si bien décrire, et sur laquelle poser ses personnages. Mais vers l'Autre Monde. Celui dont on ne revient pas.

Parti de Russie, avec sa famille qui fuyait le monstrueux système communiste en train de s'installer, c'est en France qu'il est arrivé à l'âge de 7 ans.

Des 1938, son talent était reconnu par l'attribution du Prix Goncourt. Et en 1951 il entrait (logiquement) à l'Académie Française.

Son oeuvre, bien connue en France, est caractérisée par la double culture qu'il entretenait. Et qu'il enrichissait. Ecrivant exclusivement en français, il a su faire découvrir à des milliers de lecteurs (et de téléspectateurs) la complexité de l'âme russe.

Par des romans-sagas comme la Lumière des Justes, ou au travers de nouvelles comme Youri, Aliocha ou Viou.

Mais son oeuvre romanesque était équitablement française. Les EygletièreTant que la terre dureraLa neige en deuil; des fictions purement françaises dont certaines, adaptées à la télévision, devinrent des succès populaires sans équivalent.

D'une inspiration très prolifique, il lui arrivait de se "reposer" en rédigeant une biographie d'un personnage russe.

Mais à la fin, l'incomparable travail rigoureux d'historien était transformé en un captivant roman. 

Qui d'autre qu'Henri TROYAT aurait pu rendre Ivan le Terrible presque sympathique. Et qui ne serait pas tombé amoureux de Catherine la Grande après avoir lu l'histoire de sa vie relatée par un tel chroniqueur.

Il n'était jamais retourné en Russie, mais la Russie était en lui. Une part de son coeur battait pour la France, l'autre pour la Russie. Ces oeuvres les plus "françaises" ont été écrites sous le portrait de TOLSTOI, dont il partageait le prénom (Léon)

Quel formidable modèle de ce que l'on appelle aujourd'hui "l'intégration" !

C'est une grande perte pour notre pays, et pour sa culture. Néanmoins, comme il est d'usage d'appeler les Académiciens "Immortels" ; considérons qu'à travers son oeuvre immense, Henri TROYAT est toujours là