05.05.2008

UMP APRES L'ECHEC LES SANCTIONS : LES PUNIS DES MUNICIPALES !

 

 

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La grogne monte depuis que 240 dissidents, qui s'étaient présentés contre les candidats officiellement investis, ont été sanctionnés par le bureau politique du mouvement.

 

La salle du siège de l'UMP qui accueille le bureau politique de l'UMP, ce 9 avril, est comble. Trop petite pour la centaine de participants. Surchauffée. Premier temps fort, Nathalie Kosciusko Morizet présente ses excuses, après avoir évoqué, quelques jours auparavant, au sujet de la préparation de la loi OGM, « un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le minimum ». L'après-midi même, la secrétaire d'État à l'Écologie était absente à la séance des questions d'actualité au gouvernement à l'Assemblée. Fran-çois Fillon lui aurait demandé de ne pas être présente au banc du gouvernement, dans un souci d'apaisement. Silence de mort quand la secrétaire d'État s'exprime. Aucun commentaire des participants.

 

 Le climat est tout aussi lourd quand la question des sanctions disciplinaires au sujet des candidats dissidents est abordée. La liste est projetée sur un écran mais personne n'arrive à la lire. On demande à Edouard Courtial, secrétaire national aux fédérations, de faire la lecture de la longue liste à voix haute. Un nom, une sanction... à deux cent quarante reprises. Le brouhaha succède au silence pesant.

Françoise de Panafieu, tête de liste malheureuse à Paris, est la première à manifester sa désapprobation: « On ne peut suspen­dre autant de monde sans savoir, sans connaître la situation de chacun. »

Elle est suivie par Hervé Mariton qui lance : « On est en Chine  Georges Tron, député villepiniste de l'Essonne, renchérit et marque à son tour son désaccord. « La scène était surréaliste, commente-t-il. Cette liste égrenée en prononçant le nom de h personne concernée et sa peine, on se serait cru dans le tribunal populaire d'une ville soviétique dans les années 1950 ! Je ne suis pas opposé au principe. Ceux, qui nous ont fait perdre sont sanctionnés, soit. Mais le minimum aurait été de respecter leur droit à se défendre ! On a assisté à une véritable opération de mise à l'index. Une première dans l'histoire de ce mouvement. »

 

Leur peine : trois ans de suspension pour les parlementaires et les têtes de liste, un an pour leurs colistiers. Sur la "liste noire", Arnaud Teullé, à Neuilly, Jean-Pierre Fourcade, à Boulogne, les députées Marie-Anne Montchamp (Nogent-sur-Marne), ou encore Marie-Jo Zimmer-mann (Metz), qui s'était maintenue dans une tri­angulaire à Metz, faisant basculer ce bastion de droite à gauche... Tous suspendus trois ans,

la peine maximale.

 

 

Certains refusent de com­menter, comme Marie-Jo Zimmermann, pendant que d'autres jugent la méthode brutale, destinée à intimider ceux qui ont osé s'engager hors des lignes. Marie-Anne Montchamp a appris par la presse qu'elle était sur la liste :«Je me suis présentée contre le maire sortant de Nogent-sur-Marne, Jacques Martin, en conscience, dans l'intérêt de mon parti. Cette ville n'est pas gérée, les impôts locaux, ont augmenté de 50 %, le budget de la commune a été rejeté à trois reprises par le tribunal administratif. En me maintenant au second tour, % je savais que quoi qu'il advienne, la ville resterait IUMP. Même si ma sanction était attendue, je l'estime disproportionnée. Mais mon engagement est inchangé».

 

En théorie, la règle des sanctions appliquée semble claire. Au cas par cas, les situations sont moins évidentes et suscitent interrogations et amertumes. Pourquoi Catherine Vautrin, candidate dissidente à Reims, contre Renaud Dutreil, officiellement investi, ne figure-t-elle pas sur la liste des sanctionnés? Parce qu'elle est arrivée en tête et que son concurrent s'est désisté en sa faveur au soir du premier tour. Pour autant, ne peut-on dire que l'UMP a perdu cette ville à cause de la désunion de la droite ?

 

Dans le XXe arrondissement de Paris, pourquoi Raoul Delamare, militant historique de l'arrondissement, écope-t-il d'une année de suspension alors

 

 qu'il était tête de liste et arrivé devant le candidat officiel, Jean-Claude Beaujour ? Peut-on affirmer que sa dissidence est responsable de l'échec de l'UMP dans cet arrondissement alors que ses deux listes, réunies, n'atteignaient pas 20 % au premier tour ?

 

Raoul Delamare, lui aussi, a appris sa sanction par la presse : « Le sentiment d'injustice, je l'ai eu dès novembre dernier, quand j'ai été prévenu au dernier moment que l'investiture, que j'avais eue aux législatives, m'était retirée aux municipales au profit de Jean-Claude Beaujour, au nom de la diversité, cette tarte à la crème. Le comble, souligne-t-il, c'est que les élections internes des cadres de l' UMP, qui devaient se dérouler au printemps 2009, ont été avancées au mois de novembre prochain. Conséquence directe: les élus suspendus sont définitivement mis hors jeu et perdront leurs responsabilités internes. Après avoir été lynché aux municipales, je ne serai plus délégué de circonscription. Dans ces conditions, je me demande si je ne vais pas quitter l'UMP "
L'ambiance à l'UMP est devenue détestable ! L'UMP a d'ailleurs été particulièrement sévère vis-à-vis des francs-tireurs des Hauts de Seine, ancien fief de Nicolas Sarkozy dirigé maintenant par Patrick Devedjian : 59 dissidents sanctionnés, soit un quart de la liste, dans ce seul département.
Pour obtenir l'impunité, il fallait gagner : c'est le cas de François Lebel, élu maire du VIIIe à Paris contre le candidat officiel  Pierre Lellouche. « L'ambiance à l'UMP est devenue détestable, reconnaît un élu. Mais l'origine du désordre que nous avons connu aux municipales, du nombre élevé de dissidents et du sentiment d'injustice qui s'exprime ça et là remonte à la période des investitures. Jamais l'Elysée n'avait imposé autant de candidats, quitte à balayer des élus implantés, bien plus légitimes. Cette mainmise de Nicolas Sarkozy sur les municipales s'est d'ailleurs traduite très concrètement par la présence de Jérôme Peyrat, son conseiller politique à l'Élysée, lors de bon nombre de commissions d'investiture. »

 

La fronde est bien réelle mais pour l'instant limitée. Edouard Courtial rappelle que « les sanctions ont été adoptées à l'unanimité par le bureau politique» et surtout que les demandes étaient « toutes venues des fédérations locales, qui, pour beaucoup d'entre elles, réclamaient des mesures plus lourdes, allant jusqu'à l'exclusion. De plus, ceux qui feignent de tomber des nues, d'apprendre leur sanction par voie de presse exagèrent. Leur suspension leur avait déjà été signifiée personnellement au moment où ils se sont présentés. Le bureau politique n'a fait qu'entériner les sanctions ».

 

«On marche sur la tête, lance le député du Vaucluse Thierry Mariani. Com­ment ne pas sanctionner ceux qui nous ont fait perdre ?Dans mon département,  à Bottène, deux responsables d'une liste dissidente qui avait obtenu 3 % au pre­mier tour ont appelé les électeurs, le 16 mars, à voter pour n'importe qui sauf pour le candidat officiel de l'UMP. On ne va tout de même pas garder ces gens-là ! Par ailleurs, on s'émeut un peu vite sur le nombre, soi-disant élevé, de per­sonnes suspendues, poursuit le député. En réalité, ont été suspendus les têtes de liste et leurs colistiers. Une trentaine de listes au total, ce qui n'est pas considéra­ble. »    

 

josée pochat

La liste complète des sanctionnés sur le site www.valeursactuelles.com.